Je soutiens l’ensemble des humains qui constitue le corps du personnel hospitalier mondial fatigué et éprouvé. Je les remercie de leur abnégation, de leur courage et de leur force.

Je me souviens qu’ils étaient nombreux, en France, à mener des grèves paradoxalement travailleuses et silencieuses ces dernières années revendiquant plus de moyens matériels et humains.

J’accuse messieurs Nicolas Sarkozy, François Hollande et Emmanuel Macron, en tant que président de la république française, d’avoir mené, en collaboration avec leurs gouvernements successifs, une politique d’austérité qui a amenuisé, réduit et fragilisé notre système de sécurité sanitaire ; d’avoir organisé la fermeture d’hôpitaux publics, d’avoir incité à la réduction d’effectifs par simple appât du gain, et de ne pas avoir écouté les revendications des médecins et des infirmiers qui démissionnaient.

Je demande la mobilisation de moyens conséquents pour notre système de santé, qu’il soit intégralement public, gratuit, universel, humain, et qu’il reste durable et pérenne même après la sortie de cette crise coronaire.

Je soutiens l’idée que les librairies soient jugées commerces de premières nécessitées pour nous cultiver pendant cette éternité confinée.

Je pense qu’il est important de tolérer et d’organiser, dans la limite des contraintes hygiéniques actuelles, les rites et rituels funéraires, dans le respect laïque de toutes les religions, cultes, philosophies et traditions pour ne pas entraver le deuil des proches des victimes.

Je ne comprends pas pourquoi les banques virtuelles et leurs agences matérielles ont été estimé, jugé commerces de premières nécessitées, étant donné qu’il ne contribue nullement, ni à nous nourrir, ni à nous soigner.

Je demande la taxation de la spéculation fiduciaire, des achats et des ventes d’actions, des transferts de capitaux, des GAFAM, de toutes les transnationales et la renationalisation de nos entreprises de services publics.

Je soutiens et j’incite, tous les gestes d’encouragements, toutes les béquilles de soutiens, toutes les aides solidaires, toutes les actions bénévoles, toutes les pensées positives et d’espérances, qui fleurissent innombrablement ces derniers jours sous une myriades de formes.

Je constate avec tristesse que les plus fortunés ne daignent jamais participer à la collectivité et à l’effort de solidarité universelle nécessaire en ces temps vérolés.

Je demande un impôt élevé de crise sur les plus grandes fortunes familiales et personnelles mondiales, sans aucun fallacieux passe-droit ni aucun passe-porc privilégié.

Je nomme capitalisme notre système économique mondial, inhumain et minéral basé sur le paradigme mortifère et illusoire de la course effrénée et irrationnelle à la croissance infinie du produit intérieur brut.

J’accuse l’obsolescence programmée, et la totalité de ses complices ingénieurs : d’esclavagisme à peine caché, de pollutions létales, de crimes d’écocides, de réchauffement climatique et de la destruction de l’harmonie terrestre.

J’accuse les changements écosystémiques dus aux activités humaines d’être un terreau fertile, d’être vecteur : du coronavirus par la pollution atmosphérique, de trop nombreuses épidémies par l’agriculture industrielle et mortelle, du terrorisme par la désertification, de l’émigration forcée de nombreux insulaires menacés, de la disparition des derniers modes de vie nomades sur Terre, du danger d’extinction de plus d’un tiers des espèces mammifères, de la sixième extinction de la biodiversité qui a déjà commencé.

Je juge coupable tous les gouvernements corrompus, tous les milliardaires égoïstes, toutes les publicités mensongères, toutes les entreprises inhumaines, toutes les jalousies et convoitises de n’agir uniquement pour défendre leurs intérêts égocentrés, leurs vénérés monnaies, leur pervers pouvoir. Ils sont des jean-foutre au cœur de marbre.

Profitons de ce long temps d’introspection personnelle, de cet affreux isolement collectif et forcé pour réfléchir à de nouvelles formes d’organisations sociales, économiques et solidaires.

Quand nous ressortirons, manches retroussées, ensemble nous bâtirons de nouvelles libertés !

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