J’lève mon bras, J’tends mon pouce,
Un regard candide, un signe de la main
J’fume impatiemment,
J’m’énerve fébrilement.

J’ai pas d’heure d’arrivée !
J’arrive pas à décoller,
Aussi vite qu’une fusée.
Dommage !
J’voulais continuer de rouler …

J’trace ma route ; j’fais mon chemin
Des voitures, des bornes ; c’est mon destin !
J’me casse, j’me carapate, j’m’enfuis
J’ai pas le permis ; J’ai jamais conduit.

A mes côtés, y’a mon gros sac,
Contenant mon armoir, mon hamac,
Des stylos, du papier, du tabac, mon k-way
Ma cuisine, mes WC
Tout y est !

Sur la route d’Aurillac,
J’ai commencé à Pauillac.
Des aller-retours en Belgique,
Un crochet par Berlin
Découvrir Istanbul,
Pas finir à Kaboul !
C’est interdit en Italie,
Mais toutes les routes mènent à Beirut !

Sur un glacier, soleil venteux,
Dans une vallée, estivaux festivals,
Dans une ruine en ville, sauvage ou civilisé,
J’suis coincé entre goudron et belles étoiles !

On m’a offert un billet vert,
On m’a fait boire des cafés noirs,
Fumer des pétards, sorti du désespoir !

Pour chaque main tendu, le même pouce levé,
J’manquerai jamais un coup de pouce à attraper.

J’y ai vu :
Des perruches vertes à Rishikesh
Des moines bouddhistes en « Nike Air »
D’imposants primates se chamailler,
Une biche dans le fossé,
Des aurores dorées,
Des aigles plonger !

J’ai découvert tout type de caractère
Rencontré tout type de personnalité
Des grands mère pionnières
Des militaires traumatisés
Une veuve en deuil
Des migrants en mal d’accueil
Des punks à chien, un magicien
Des musiciens, moult manichéens, et des gens biens !

A vingt ou à cent-vingt kilomètre-heure
Je suis jamais empressé,
Mais j’ai des centaines de milliers
De kilomètre à mon compteur.

C’est une réelle liberté,
Ma seule façon de voyager !

J’trace ma route, j’fais mon chemin
Des voitures, des bornes, C’est mon destin !
J’me casse, j’me carapate, j’m’enfuis
J’ai pas le permis, j’ai jamais conduit !